Grève des médecins ; le gouvernement doit agir vite !

30 août 2017 - 65 vues

On le sait, depuis lundi dernier, les médecins congolais sont entrés dans la phase de radicalisation de leur grève devenue sèche. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de service minimum affecté aux urgences dans les formations hospitalières publiques, qui reçoivent des dizaines de milliers de patients chaque jour dans tout le pays. Il n’y a pas photo en termes de conséquences gravissimes sur la santé de la population, exposée à chaque instant à la mort.

Partant, la grève sèche des médecins apparait, à juste titre, comme un réel problème de santé publique qui requiert des solutions conséquentes et surtout immédiates. Il n’y a pas un jour de répit. Car, c’est exactement comme le bacille de Koch, transmettant l’infection à la tuberculose, qui avait menacé l’humanité d’extinction dans les années 30, avant la mise au point du traitement par la pénicilline. 

C’est aussi comme des maladies dévastatrices comme la peste ou la lèpre dont a souffert la planète terre. Le gouvernement central est donc interpellé, par cette grève sèche des médecins. Il doit prendre des mesures qui s’imposent, c’est-à-dire passer à l’action à la vitesse du son. 

Le gouvernement n’a pas d’autre choix et sa marge de manoeuvre est très réduite. Et pour cause ? Il lui faut à tout prix éviter que la grève arrive à la phase où on aura commencé à faire la comptabilité macabre des morts. Une situation qui serait imputable au gouvernement qui serait accusé d’avoir mal géré la grève sèche des médecins. Ce qui, en soi, correspond à une démission pur et simple. En réalité, les morts, on risque bien malheureusement de les voir partout au plus fort de cette grève.

DES FRAIS MEDICAUX EXORBITANTS 

C’est justement un sort pareil que le gouvernement doit conjurer. Du côté des formations médicales privées, le tableau sera aussi apocalyptique. D’autant que les médecins en grève sèche demandent aux patients de se diriger vers des hôpitaux privés. Au premier abord, on peut affirmer que ces institutions médicales seront débordées. 

Mais, quand on analyse froidement le coût prohibitif des frais des soins de santé dans ces cliniques privées, on se rend compte qu’ils ne sont à la portée que de quelques rares bourses. Quand, déjà, les patients ont du mal à s’acquitter des frais de santé dans certains hôpitaux de l’Etat comme, par exemple, les Cliniques universitaires, la Clinique Ngaliema et même l’Hôpital général Mama Yemo où, plus souvent, ils sont pris en otages jusqu’au payement des frais, a fortiori les privés.

DANGER

Par conséquent, si la grève sèche des médecins se poursuit sans désemparer, la population congolaise, qui excelle déjà dans l’automédication, risque encore de renforcer cette pratique même pour des maladies qui requièrent des soins spécialisés. 

Ici aussi, on comptera des morts. Comme on le voit, toute grève des opérateurs du secteur médicale (médecins, infirmiers et paramédicaux) est toujours très nuisible à la santé de la population. 

Ce risque est décuplé avec une grève sèche des médecins sans service minimum, comme à ce jour. C’est la toute première fois que les médecins décrètent une grève sèche en RDC. Par le passé, chaque fois qu’ils ont eu des revendications salariales, adressées au gouvernement, et qu’ils sont contraints de passer à la grève pour avoir gain de cause, ils ont toujours gardé, dans tous les hôpitaux, un service minimum pour les urgences et les malades déjà hospitalisés.

Cependant, actuellement, leur revendication est générale et ne concerne pas seulement leur corps. Car, c’est toute la Fonction publique qui réclame l’application, dès le payement de juillet 2017, les salaires au taux budgétaire de 142,5 FC le dollar. 

C’est justement ce taux retenu dans la loi de finances 2017 que le Gouvernement avait pris le ferme engagement d’appliquer dès la paie de juillet 2017. Ce qui n’a pas été fait jusqu’à ce jour. D’où, le rouleau compresseur qui est en train de déchaîner des grèves sèches dans tous les secteurs de la Fonction publique.

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